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Dans les coulisses du WaHFF avec Alban de Fraipont

Faire revivre l'histoire sur grand écran, susciter la réflexion et rendre le passé accessible au plus grand nombre : telle est l'ambition du Waterloo Historical Film Festival (WaHFF) depuis ses débuts. Alors que ce dernier s'apprête à célébrer sa 14e édition du 8 au 11 octobre 2026, son directeur, Alban de Fraipont, revient pour nous sur l’évolution de cet événement, ses moments forts et ses promesses.

Quel regard portez-vous sur le chemin parcouru en 13 ans depuis les débuts de ce rendez-vous ?

"Nous sommes plutôt fiers. J’ai assisté au 1er WaHFF en tant que simple spectateur et le projet m’a semblé aussi fou que formidable. Peu s’imaginaient qu’après 13 ans, il serait encore là, si bien installé dans le paysage des festivals belges et européens. Nous sommes petits mais possédons une excellente réputation en termes de programmation, notamment. Les films que nous sélectionnons et primons sont souvent remarqués par la suite. On peut aussi évoquer les personnalités qui, au fil du temps, ont répondu présent à notre invitation : Randal Kleiser (réalisateur de "Grease"), Benoît Poelvoorde, Clovis Cornillac, Rick McCallum (producteur de "Star Wars"), Jean-Marie Poiré… Des profils belges, français, américains et bien d’autres, très variés".

Le festival attire chaque année des réalisateurs, comédiens et passionnés d'histoire. Quelle rencontre vous a le plus marqué ?

"Difficile de choisir. Je dirais Claude Lelouch. Depuis mon enfance, ce cinéaste me captive par ses films d’abord mais aussi sa personnalité. Nous le "courtisions" depuis des années avant qu’il accepte de venir, à l’occasion de la 10e édition du WaHFF. Il était à Waterloo pour très peu de temps. Nous avions décidé de ne pas surcharger son planning mais dès son arrivée, il s’est montré très curieux, a souhaité gravir la Butte du Lion, s’y est attardé… à tel point que nous avons dû y faire venir les journalistes désireux de l’interviewer. Point d’orgue de sa visite, il est allé à la rencontre de notre public : ses mots étaient poignants, inspirés, fascinants de bout en bout. Il a fait preuve d'une grande générosité, partageant véritablement sa passion avec les gens venus l’écouter".

Comment choisissez-vous les films présentés au public ? Que recherchez-vous dans une œuvre pour qu'elle trouve sa place au WaHFF ?

"D’abord, elle doit nous toucher ! Le défi d'un sélectionneur est de dépasser la fatigue, de garder un regard neuf, celui d'un spectateur "lambda". Ensuite, nous nous demandons si elle est assez historique pour nous. Bien sûr, il faut encore vérifier sa disponibilité et négocier cela avec les producteurs et distributeurs. Enfin, nous veillons à la diversité, à ce que nous présentions des courts et longs métrages artistiques, d’auteurs, grand public… sans rien sacrifier à l’excellence. Contrairement à ce qu’on peut croire, le genre historique n’est pas une catégorie étriquée : l’histoire peut être abordée à travers tous les styles (comédie, biopic, thriller, drame, aventure, etc.)."

Le rapport du public à l'histoire change-t-il ? Voyez-vous un intérêt croissant des jeunes générations pour les films du genre ?

"Il est difficile de dresser une véritable analyse sociologique de cette évolution mais je constate que le 7e art historique a une utilité, en particulier envers "la relève" et dans notre époque qui a besoin de regarder le passé pour ne pas reproduire les mêmes erreurs. Actuellement, tout le monde est confronté à beaucoup de contenus et d’images, avec un niveau de réceptivité très limité. Sans compter qu’une partie de la jeunesse ne prend parfois plus le temps d’approfondir certains sujets à travers notamment la lecture. Le cinéma permet de capter l’attention du public très vite, de lui faire vivre des émotions, de le distraire, tout en ajoutant un aspect éducatif et instructif, voire de l’amener à se poser des questions. Nous avons une vraie mission à cet égard, avec la responsabilité de ne pas profiter de ce "pouvoir" pour diffuser des films révisionnistes ou problématiques. C’est à nous d’intéresser les nouvelles générations à l’histoire, avec de belles réalisations, et cela fonctionne très bien !".

Nouveautés, moments phares… que réserve cette édition 2026 ?

"Cette année, au-delà d'une sélection toujours aussi exigeante, le WaHFF accueille un invité d'honneur de marque : le réalisateur britannique Mike Newell, dont la filmographie impressionnante ("Quatre mariages et un enterrement", "Harry Potter et la Coupe de feu", etc.) compte de nombreuses œuvres à caractère historique, parmi lesquelles "Donnie Brasco" ou "De grandes espérances". Cet artiste voue un respect sans borne au public, sa masterclass du samedi sera un temps fort du festival.
J’épinglerai aussi les séances pédagogiques réservées aux jeunes, autour du film "De Gaulle" (2020), avec Lambert Wilson, qui propose un autre regard sur l’homme d’État, en présence de Gabriel Le Bomin, réalisateur et également président du jury.
Enfin, il y aura aussi une séance-débat autour du documentaire "Le cinéma peut-il encore sauver le monde ?". Cela rejoint la thématique du WaHFF, en s’interrogeant sur le sens qu'ont encore aujourd'hui les productions politiques et historiques."

Si vous deviez convaincre quelqu'un qui n'a jamais franchi les portes du WaHFF, que lui diriez-vous ?

"C’est magique ! On peut passer 2h devant un film en ressentant un tourbillon d’émotions et en ressortir instruit sans effort. En venant au WaHFF, on participe à un véritable voyage dans le temps de 4 jours, accompagné de festivaliers cinéphiles passionnés et passionnants".

| Waterloo Historical Film Festival : du jeudi 8 au dimanche 11 octobre 2026
| Aux Cinés Wellington, chaussée de Bruxelles, 165 (Passage Wellington) et en divers endroits de Waterloo
| Programme complet, invités, activités annexes… : www.wahff.be et dans le toutes-boîtes publicitaire distribué début octobre
| Tickets en vente via tickets.WaHFF.be et dans les bureaux de Waterloo Tourisme, chaussée de Bruxelles, 218 (02 352 09 10)